Le #CodeSocial des Chemins de la Transition [résumé]

Historique

Le projet des Chemins de la Transition est né lors d’une randonnée sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. L’idée première fût de « hacker » le concept des Chemins de Saint Jacques en en remplaçant l’imaginaire. Partir de la multitude de lieux de transition présents sur les territoires, les relier et permettre aux citoyens de les parcourir, afin d’engager leur propre transition.

Une passerelle s’est rapidement établie avec les outils numériques développés par l’association Assemblée Virtuelle, pour développer une plateforme et un calculateur d’itinéraires permettant aux citoyens d’arpenter les Chemins de la Transition.

L’idée, qui a déjà plusieurs années, est fédératrice : plusieurs organisations d’envergure nationale ont témoigné leur intérêt, parmi lesquelles les Petits Débrouillards ou le Mouvement Colibris. Elle s’est développée et a été réfléchie collectivement au sein d’un groupe de travail comptant une dizaine de personnes, en particulier lors de résidences de travail et à l’occasion des deux dernières éditions du « MMMFest » où des ateliers de réflexion collaboratifs ont eu lieu. Aujourd’hui, une équipe de bénévoles se mobilise pour lui faire voir le jour et se réunit régulièrement pour partager les avancées autour du projet.

Raison d’Être

Contexte 

Depuis 1972 et la publication par le Club de Rome du rapport du intitulé « The limits to growth », nous savons que notre modèle de société ne pourra pas se généraliser à l’ensemble des sociétés humaines, ni perdurer, ne serait-ce que localement, de manière indéfinie.

Nous ne sommes pas face à une crise conjoncturelle et sectorielle qu’une alternance politique bien sentie serait en mesure de résoudre. Nous sommes face à la remise en cause d’un modèle de société que l’évolution globale du monde tend à rendre obsolète. Telle est du moins notre hypothèse, et celle-ci nous enjoint de tout repenser.

Aux quatre coins du monde, des myriades d’initiatives de “transition” se développent: dans les villes, dans les banlieues et les campagnes.

En occident, nous serions ainsi plus de 25% à faire partie des « créatifs culturels », une catégorie sociale émergente, extrêmement bigarrée d’un point de vue sociologique, intégrant simultanément quatre pôles de valeurs : les valeurs féminines, le développement durable, l’implication sociétale, le développement personnel.

Aujourd’hui cependant, les créatifs culturels et plus globalement le monde de la transition, souffrent d’une trop grande fragmentation.

Enjeux

Relier, mettre en synergie différents lieux s’inscrivant dans le champ de la transition pour faire émerger des Chemins de la Transition. Passer ainsi d’une somme de lieux isolés à un système de lieux reliés, que les citoyens pourront arpenter afin d’engager leur propre transition.

Les enjeux d’éducation, de transmission, de formation, d’accompagnement, d’écotourisme, de développement local, d’interculturalités, de maillage et d’essaimage des dynamiques de transition au sein des territoires ou encore de néonomadisme sont au cœur du projet porté par les Chemins de la Transition.

Objectifs

Développer les Chemins de la Transition à la manière d’un commun, alimenté et exploité par différents acteurs qui y trouvent une utilité, une visibilité, et une mise en réseau cohérente pour le développement et la structuration de leurs projets.

Créer un réseau social, à la fois physique et numérique, d’entraide et de partage, favorisant le développement et l’essaimage de la transition au sein des territoires. Il est également de permettre l’apprentissage et la formation des acteurs, citoyens et organisations.

Missions

  • Mettre en place une plateforme numérique incluant un moteur de recherche, un calculateur d’itinéraires et un système de réservation pour favoriser l’organisation de voyages apprenants sur les Chemins de la Transition, et à terme, le développement d’un réseau social des acteurs de la transition.
  • Mettre en place les outils et les méthodes qui permettront à chacun de renseigner des lieux et des chemins sur la plateforme
  • Proposer des services associés aux Chemins de la Transition
  • Associer des partenaires au projet
  • Assurer la résilience du projet (gouvernance, modèle économique, etc.)

Modèle culturel et artistique

Parce qu’il fait interagir une pluralité d’acteurs ayant chacun une histoire propre, le projet des Chemins de la Transition puise dans une diversité d’imaginaires, de sources d’inspiration, ce qui en fait sa richesse et sa spécificité.

L’écologie sociale et politique ; les pensées et mouvements coopérativistes ; le vivre ensemble et le buen vivir ; l’hybridation des cultures urbaines et rurales, des savoirs faire ancestraux et des nouvelles technologies ; le nomadisme, le woofing, le compagnonnage, l’apprentissage par la rencontre, le faire et le voyage ; le pair-à-pair, les théories des systèmes complexes, d’économie symbiotique ; le monde de l’open source, du web sémantique et des communs ; les nouvelles formes d’économie, collaboratives, circulaires, numériques, agiles, décentralisées… qui permettent d’entrevoir des changements profonds à grande échelle quant à l’architecture du monde social.

Modèle social et humain

Les Chemins de la Transition sont appréhendés à la manière d’un archipel :

  • Archipel d’acteurs et de projets autonomes et reliés dans le cadre de l’association les Chemins de la Transition, et d’une SCIC à terme,
  • Archipel d’initiatives et de lieux autonomes et reliés à travers les chemins et leur plateforme.

Les Chemins de la Transition se développent par ailleurs à la manière d’un commun. Ils sont une ressource produite et partagée par et pour une communauté d’acteurs à la fois bénéficiaire et responsable de son bon développement. Par défaut, le développement des Chemins de la Transition se base sur le principe de la production non autorisée, c’est à dire ne faisant pas l’objet d’un processus délibératif ou décisionnel. Les membres de l’association bénéficient d’une pleine confiance a priori, d’éventuelles régulations n’intervenant qu’a posteriori. Ce mode de fonctionnement suppose un préalable : la compréhension, l’incorporation, l’appropriation par chacun, du #CodeSocial des Chemins de la Transition, et de son esprit.

Les projets s’inscrivant dans les Chemins de la Transition doivent également faire l’objet d’un #CodeSocial, permettant de les décrire et d’assurer leur cohérence vis-à-vis de l’association.

Les décisions structurantes sont prises via le mécanisme de l’Assemblée Générale Permanente de l’association.

Modèle écologique

Les projets / lieux / acteurs s’inscrivant dans les Chemins de la Transition sont également dans une logique de sobriété et de prise en compte de l’impact de leur activité d’un point de vue environnemental. L’objet même des Chemins de la Transition est de permettre aux acteurs / projets s’inscrivant dans des démarches de transition, en particulier écologique, de se développer et d’essaimer leurs pratiques.

Le projet souhaite également contribuer à une relocalisation des voyages et à l’utilisation de modes de transports doux : marche, vélo, train notamment.

Le développement de la plateforme se fera sur une approche décentralisée avec l’objectif de rendre possible l’approvisionnement des infrastructures de serveurs par des sources d’énergies renouvelables (décentralisées également).

Modèle technologique

Les technologies que nous utilisons s’inscrivent dans le paradigme du pair à pair, à l’image des AMAP où consommateurs et producteurs échangent directement sans avoir à passer par un tiers. Elles permettent ainsi aux agents de se réapproprier leurs données et leur souveraineté sur le web.

Notre modèle technologique respecte autant que faire se peut des protocoles et les standards pour assurer un maximum d’interopérabilité entre les plateformes et les données. Nos outils sont conçus de manière modulaire, permettant une utilisation à la carte en fonction des besoins.

Par ailleurs nos technologies sont développées sur un format Open Source et publiées sous licence libre. Nous cherchons également à renforcer leur accessibilité au plus grand nombre en faisant attention au design, à la documentation des outils et protocoles et à l’accompagnement des parties prenantes dans la prise en main des outils.

Modèle économique

Il s’agit uniquement de financer les activités du projet afin de lui permettre d’assurer ses missions

  • Animation de la communauté, dont gouvernance et essaimage
  • Fonctions supports, dont développements logiciels et recherche de financements.  
  • Les lieux, les porteurs de projets et les utilisateurs disposent de leur propre modèle économique.

Les principes de sobriété, d’économie du partage, de réutilisation de l’existant (logiciels open-source et données en open-data notamment), de contribution des acteurs au commun que sont les Chemins de la Transition, de décentralisation et de distribution des responsabilités, des besoins opérationnels, des recherches de financements et de partenariats constituent  la base du modèle économique du projet.

Du point de vue des ressources, une hybridation de plusieurs modèles pour les services proposés est envisagée.

  • Un principe d’adhésion aux Chemins de la Transition

    • A prix libre pour les citoyens
    • A prix variable en fonction du CA / nombre d’habitants pour les porteurs de projets, entreprises et collectivités
  • Des revenus liés au service de réservation et de paiement sur la plateforme

    • Des commissions d’apport d’affaire versées par les lieux proportionnelles à l’activité générée via les Chemins de la Transition
    • Des contributions libres en provenance des chemineurs
  • Des prestations:

      • De formation
      • D’accompagnement (des lieux, des territoires…)
      • Des parcours-découverte encadrés, des voyages d’étude…
  • Des subventions et autres contributions

Modèle juridique et financier

Le projet des Chemins de la Transition devrait à terme, prendre la forme d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). L’évolution du modèle juridique se décline en trois phases :

Le projet, et en particulier la partie développement de la plateforme web, a été d’abord incubé par l’Assemblée Virtuelle (AV).

Dans un deuxième temps l’association « Les Chemins de la Transition » a été créée afin de séparer clairement les activités et de lui permettre une structuration favorisant son développement. Elle garde un lien étroit avec l’AV pour ce qui est du développement technologique de la plateforme.

A terme, le projet deviendra une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC), reflétant le mode d’organisation et de gouvernance propre au projet et aux parties prenantes qui le constituent.

Par-delà les évolutions de son statut juridique, le projet des Chemins de la Transition s’inscrira dans le champ des communs, il sera d’intérêt général, régi par le droit français ainsi que par son #CodeSocial. Il s’efforcera enfin d’être transparent, éthique et efficient.

Une comptabilité ouverte et lisible est menée afin d’assurer la transparence financière, et de renforcer la confiance et la conscience des enjeux du projet.